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mardi 9 avril 2013

Un talisman sibérien similaire à celui que portait Cléopâtre

Photо: http://altai4u.com

Les archéologues de l’Altaï ont découvert un collier qui rappelle les bijoux de la célèbre reine égyptienne. Les chercheurs se sont adressés à la communauté scientifique pour pouvoir en apprendre davantage sur cette découverte hors du commun.

C’est un tombeau ancien dans un monticule de la région d’Altaï (Sibérie Occidentale) où les chercheurs ont découvert les restes d’une femme apparemment d’origine noble avec des bijoux particuliers. Cette femme qui a été enterrée il y a 2400 ans, portait sur sa poitrine un collier élégant en verre coloré. On sait que Cléopâtre, qui régnait sur l'Egypte 300 ans après, aimait particulièrement ce genre de bijoux.

Pour l’instant, on ne peut que donner des hypothèses sur l’arrivée de ce collier, réalisé dans le style italien mille fiori en Egypte. Ce genre de colliers était fabriqué à partir de tiges de verre avec des dessins colorés visibles uniquement en coupe transversale. L’ornement de la section transversale de ce type de tiges était créé à l’aide de fines couches de tiges de verre placées sur le noyau. On réchauffait ensuite la tige pour la rétrécir jusqu’à la taille d’un ornement. Puis, cette tige était coupée en tranches fines et elles étaient transformées en perles. Cette technique unique a été inventée à Thèbes au VIe siècle av. J .-C. Cette ville était considérée comme la capitale culturelle de l'Egypte ancienne. Il est donc fort probable que les perles d’Altaï y soient arrivées à cette même époque. Les Égyptiens maintenaient des relations commerciales avec les Scythes de l’Altaï. Et les bijoux étaient très à la mode à l’époque, car ils prenaient très peu de place et avaient une durée de conservation indéfinie.

Contrairement aux croyances populaires, les routes commerciales de l'Altaï ont été ouvertes longtemps avant la route de la Soie, dont le fonctionnement remonte au IIe siècle av. J.-C. Cette route passait par le Sud de l’Altaï. Toutefois une autre route commerciale qui passe par le Nord de cette région, ainsi que le Kazakhstan du Nord, l’Inde du Nord et l’Afghanistan, continuant au Sud de l’Europe avec comme lieu de destination l’Afrique, n’était pas moins populaire. Très probablement, ce collier est arrivé dans l'Oural en provenance de l'Egypte en empruntant ce chemin.


Olga Sobolevskaïa

lundi 3 décembre 2012

Une pierre gravée, par l'Homme, voici 30.000 ans, découverte, en Chine


IRIB- Publiant leur étude, dans le Chinese Science Bulletin, des chercheurs chinois ont découvert, parmi des artéfacts du Paléolithique provenant de leur pays, une pierre gravée d'incisions, qui remonteraient à 30.000 ans : une première, pour l'archéologie chinoise.

C'est une remarquable découverte qu'a faite l'équipe du Pr Peng Fei, du laboratoire d'évolution humaine de l'Université de l'Académie des sciences chinoise (Pékin). En étudiant des outils préhistoriques mis au jour en 1980 sur le site paléolithique de Shuidonggou (nord-ouest de la Chine), ces chercheurs ont en effet eu une fameuse surprise. Ils ont trouvé parmi ces artéfacts une pierre portant des gravures régulières, et donc visiblement intentionnelles.

Aussitôt la pierre identifiée, l'équipe a ainsi lancé des analyses notamment au microscope électronique. Or, celle-ci suggère que ces minuscules incisions sont bel et bien d'origine humaine et mieux encore : qu'elles remontent à la même époque que l'outillage lithique lui-même, soit il y a environ 30.000 ans. Une première pour la science préhistorique chinoise : si des pierres gravées sont connues depuis longtemps pour le Paléolithique d'Europe et d'Afrique, c'est le premier spécimen trouvé en Chine. Reste que l'interprétation de ces gravures est, naturellement, difficile. Quelle est la signification de ces gravures ? Pour l'heure, les auteurs de la découverte l'ignorent mais ils proposent une explication. Selon eux, celles-ci pouvaient servir à comptabiliser quelque chose de 'répétitif'. Une théorie en tout cas compatible avec le fait que les incisions semblent avoir été faites de façon rapprochée, sur une courte période. Cela indique que son auteur aurait par exemple pu compter la récurrence d'un évènement sur une période peu étendue.

(Crédits photos : Chinese Academy of Sciences, Beijing/ Institute of Archaeology of Ningxia Hui Autonomous Region, Yinchuan)

vendredi 30 novembre 2012

Alepotrypa, une grotte géante qui aurait inspiré le mythe des Enfers grecs


IRIB- Alepotrypa, une grotte géante située au sud de la Grèce, aurait abrité, à l'époque du néolithique, des centaines de personnes. Également, lieu de culte, ce village, parmi les plus importants, en Europe, pourrait avoir inspiré le mythe des enfers grecs, après s'être effondré.

Situé dans le sud de la Grèce, Alepotrypa est une grotte géante découverte en 1958. "Les dires de certains affirment qu'un vieil homme du village voisin partant à la chasse au renard aurait suivi son chien jusque dans un trou et aurait découvert la caverne" raconte à LiveScience Michael Galaty, archéologue au Millsaps College dans le Mississipi. Il ajoute ironique : "C'est une histoire un peu douteuse qui varie en fonction de qui vous interrogez mais dans le village tout le monde s'accorde à dire que c'est le grand-père qui a fait la découverte".

Quelles que soient les origines de la trouvaille, Alepotrypa représente pour les archéologues un véritable trésor renfermant en son sein une multitude de secrets historiques. Aussi, au moment d'ouvrir la grotte aux touristes les chercheurs ont dû se battre pour que des mesures de protection soit prises pour préserver au maximum le site des éventuelles dégradations entrainées par les visiteurs. Par ailleurs, depuis 1970, des fouilles s'organisent régulièrement au sein de la caverne. Les experts affirment qu'elle aurait été la tanière de centaines de personnes à l'époque du néolithique, ce qui en fait un des villages préhistoriques les plus anciens et les plus importants en Europe.

Alepotrypa se compose de plusieurs salles et galeries dont la principale mesure 60 mètres de large pour 100 mètres de long et 30 mètres de hauteur. La surface totale de l'excavation s'étend sur près de 1.000 mètres de long et possède même deux lacs, un petit à l'entrée et un grand vers la sortie dans lequel Jacques-Yves Cousteau a déjà plongé. "La grotte fait penser aux mines de la Moria dans le film 'Le Seigneur des Anneaux', elle est vraiment impressionnante", souligne Michael Galaty.

Une cathédrale préhistorique

Depuis le début des fouilles, les chercheurs ont retrouvé des outils, des poteries, et même des objets en cuivre et en argent. Ces objets ont été réalisés au néolithique, une période également appelée "nouvel âge de pierre", initié en Grèce il y a environ 9.000 ans. "Alepotrypa a existé juste avant l'Age du Bronze dans la Grèce mycénienne. Aussi, nous sommes en quelque sorte capable de voir les débuts de l'époque qui a engendré les héros grecs", explique l'archéologue.

Selon ses conclusions, les habitants de la grotte auraient utilisé la caverne, non seulement comme un abri, mais aussi comme cimetière et lieu de rituel. Il souligne : "C'était une sorte de cathédrale préhistorique, un lieu de pèlerinage qui attirait des gens de partout dans la région et peut-être de plus loin". Les rituels d'enterrement impliquaient la plupart du temps la combustion d'énormes quantités de fumier et le dépôt de grandes quantités de poteries colorées

mardi 26 juin 2012

Archéologie : l'homme produisait du lait, en Afrique, il y a 7000 ans


Une équipe internationale de scientifiques, dirigée par l'Université de Bristol, au Royaume-Uni, a démontré que les hommes préhistoriques sahariens ont utilisé des bovins, pour leurs laits, il y a près de 7 000 ans.

Une fresque de bovins peintes dans l'oued Imah, dans les montagnes de Tadrart Acacus, Sahara libyen. De nombreux images rupestres riches et vives représentent des scènes de bétail se retrouvent à travers toute l'Afrique du Nord. C'est en analysant les acides gras extraits de poteries non-vernies, provenant d'un site archéologique de Libye que les chercheurs ont montré que des graisses laitières ont été contenues dans les récipients. Cette première identification de la pratique de production laitière dans le continent africain, par les éleveurs préhistoriques du Sahara, peut être datée de manière fiable au cinquième millénaire avant JC.

Il y a environ 10.000 ans, le désert du Sahara était plus humide et plus vert; les premiers chasseurs-cueilleurs dans la région ont vécu une vie semi-sédentaire, utilisant la poterie, chassant du gibier sauvage et récoltant des céréales sauvages. Puis, autour de 7 000-5 000 ans, la région est devenue plus aride, les habitants ont adopté une approche plus nomade, avec un mode de vie pastoral. C'est ce que suggère la présence d'os de bétail dans les dépôts des cavernes et les camps près des rivières.

dimanche 18 mars 2012

Archéologie : On a retrouvé la tombe du Roi Hérode !


Découverte archéologique majeure : après plus d’un demi-siècle de recherches archéologiques infructueuses, la tombe du roi Hérode a été mise à jour en Cisjordanie, plus précisément au sommet du mont Hérodion, à une douzaine de kilomètres au sud de Jérusalem.

« Nous avons commencé à comprendre que nous étions tout près de notre objectif quand nous avons découvert les premiers éléments du sarcophage du Roi Hérode. C'est un sarcophage monumental, dont seulement un ou deux du même type ont été découverts jusqu'ici. Hérode nous a laissé une construction formidable, Hérodion, un palais énorme et unique au bord du désert, le seul site archéologique qui porte son nom, et celui où il a lui-même choisi d'être enterré » s’enthousiasme Ehoud Netzer, archéologue israélien à la tête de l’équipe de chercheurs et de scientifiques. Hérode 1er fut stratège de Galilée nommé par le Sénat romain en 47 avant notre ère, puis proclamé roi de Judée sept ans plus tard.

dimanche 11 mars 2012

Un peuple à l'origine inconnue


«Mohenjo-Daro est bâtie avec la même conception que nos cités contemporaines et ressemble… aux grandes villes américaines : ce n’est pas un hasard, si le site est surnommé, par les experts, le ‘Manhattan de l’âge de Bronze’ !» Un peuple, à l’origine inconnue. Si les historiens et les archéologues ont réussi à retracer le parcours de nombreux peuples anciens, à travers les âges, la civilisation de l’Indus reste, encore, aujourd’hui, largement, méconnue. Il faut dire que les premiers vestiges furent, seulement, découverts, dans les années 1920, et les tablettes retrouvées portent des inscriptions qui n’ont pas encore été déchiffrées. À l’heure actuelle, la langue et l’écriture utilisées par cette population demeurent encore totalement inconnues ! D’après les anthropologues, la civilisation de l’Indus semble s’être, brusquement, épanouie, vers 3000 ans avant J-C, occupant une vaste région, sur plusieurs centaines de kilomètres, avant de disparaître, tout aussi brutalement. Les premières révélations archéologiques sont, relativement, fraîches ; c’est à partir de 1921 qu’une succession de découvertes, dans la cité d’Harappa, puis, dans celle de Mohenjo-Daro, permet d’en savoir un peu plus sur une culture, jusqu’alors inconnue.

dimanche 8 janvier 2012

La plus ancienne représentation du cosmos 08/


IRIB- «Les populations de l’âge du bronze, considérées comme primitives, ont su représenter la voûte céleste ; cela repousse très loin les frontières de ce qui était connu sur l’astronomie au néolithique!», Wolfhard Schlosser, "La plus ancienne représentation du cosmos". Exhumé, en 1999, sur une colline de la petite bourgade de Nebra, un étrange disque de couleur verte orné d’incrustations en or va venir bouleverser ce que l’on croyait savoir sur les populations de l’âge de Bronze. Car, en datant cet étrange artefact de 3.600 ans, les archéologues ont dû se rendre à l’évidence: près de 2000 ans avant Jésus-Christ, les hommes avaient, déjà, l’ambition de décrire l’Univers! Selon les premières analyses, le disque de Nebra, pesant, environ, 2 kilos, et d’une trentaine de centimètres de diamètre, est, en effet, composé de 32 étoiles, dont un amas stellaire qui pourrait être la constellation des Pléiades, un croissant de Lune, un Soleil (ou une pleine Lune), et sur la bordure, ce qui pourrait représenter l’horizon et une embarcation.

jeudi 8 décembre 2011

Un bracelet préhistorique d'une régularité quasi parfaite


Publiée dans le Journal of Archaeological Science, l'étude high-tech d'un bracelet vieux de 9.500 ans, découvert en Turquie dans les années 90, révèle une finition extraordinaire, fruit d'une grande précision technique, selon l'équipe franco-turque qui en a fait l'analyse.

C'est un bijou unique qu'ont étudié les chercheurs de l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul (IFEA, CNRS), dirigés par Laurence Astruc. Découvert en 1995 à d'Aşıklı Höyük (Turquie), l'objet semble d'il y a environ 7.500 avant J.-C. et présente un aspect remarquable. Fabriqué en obsidienne, il mesure environ 10 centimètres de diamètre pour une épaisseur de 3,3 centimètres.

Mais c'est surtout la manière dont il a été façonné qui apparait extraordinaire. Le bracelet datant du Néolithique montre un épaulement (changement de courbure) réalisé au dixième de millimètre, et un polissage "à l'échelle du nanomètre", d'après l'étude réalisée. Les laboratoires de l'École centrale de Lyon et de l'École nationale d'ingénieurs de Saint Etienne qui l'ont 'épluché' au moyen de techniques de pointe utilisées notamment dans l'industrie automobile, ont également parlé d'une régularité presque parfaite, note le site Techno-science.

Antérieur d'un millénaire environ à la période où ce type d'artisanat spécialisé a pris son véritable essor, ce bijou est le premier à être étudié dans le cadre du programme "Obsidiennes, pratiques techniques et usages en Anatolie", mené en collaboration avec l'Université d'Istanbul.

jeudi 17 novembre 2011

La chute de Kadhafi permet de mettre au jour une civilisatio


La chute de Kadhafi a permis à des archéologues anglais de mener des recherches sur les Garamantes, peuple antique perdu dans l'actuel Sahara. Ceux que l'on pensait être de simples nomades s'avèrent être de grands bâtisseurs à la pointe de la technologie.


Les Romains, Virgile et Tite-Live en tête, nous les avaient présentés comme des barbares nomades, frustes, ignares et prompts à semer le trouble aux marges de l'empire. Dans Salammbô, Flaubert en faisait des mercenaires anthropophages de l'armée carthaginoise qui ne «respectaient aucun dieu». Ces portraits peu reluisants des Garamantes, peuple préislamique qui habitait le sud de l'actuelle Libye depuis le IIIe millénaire avant notre ère, sont aujourd‘hui en passe de voler en éclats aux découvertes de chercheurs de l'Université de Leicester , permises par la chute de Kadhafi.

«Technologies de pointe»

Car c'est bel et bien une civilisation doté d'un État, organisée en grandes agglomérations tournées vers le commerce transsaharien et maîtrisant des «technologies de pointe» qui a été mise au jour ces derniers mois.

Grâce à l'utilisation de l'imagerie satellite, l'équipe britannique a découvert plusieurs villes datant de 100 à 500 ans après Jésus-Christ. Plus de 100 fermes fortifiées, des villages surmontés de châteaux de briques de boue rouge, des cimetières ainsi qu'une multitude de puits et de systèmes d'irrigation sophistiqués sont apparus sur les clichés.
Une reconnaissance sur place a permis de certifier que la conservation des ruines, dont des pans de murs de quatre mètres de haut demeurent intacts, est miraculeuse. Et pour cause, les vestiges sont situés au beau milieu d'une région saharienne particulièrement inhospitalière et aujourd'hui totalement déserte. Ce qui était loin d'être le cas il y a 2000 ans : «Des preuves suggèrent que le climat n'a guère changé au fil des années mais que ce paysage hostile avec zéro précipitation était autrefois densément construit et cultivé», explique David Mattingly, le chef du projet.

Des ruines inconnues de Kadhafi

Ces recherches avaient jusqu'alors été menées avec une grande discrétion, sans y associer le gouvernement libyen. Les universitaires assurent en effet que «ces colonies n'étaient pas connues du régime de Kadhafi», assez peu réputé pour sa rigueur dans la préservation des sites archéologiques, lui qui fut accusé en juillet dernier de cacher des armes dans les ruines romaines de Leptis Magna pour les préserver des frappes .
Le fantasque despote tombé, les découvertes peuvent aujourd'hui être révélées. Forcée de quitter la Libye en février dernier à cause du conflit, l'équipe espère retourner sur place dès que sa sécurité sera assurée. Afin de répertorier au plus vite ce patrimoine sorti des sables, le Service des antiquités libyennes, sans ressource sous l'ère Kadhafi, s'est vu accordé une aide conséquente de 2,5 millions d'euros venue des fonds européens et duLeverhulme Trust.
Ces ruines sont « les premières villes en Libye qui ne sont pas des traces de colonies de peuples méditerranéens comme les Grecs et les Romains », assure David Mattingly. «Les Garamantes devraient être au centre de l'enseignement de l'histoire aux écoliers libyens, qui doivent apprendre leur histoire et leur patrimoine. » En somme, une saine réécriture de l'histoire à mener en parallèle à la construction nationale de la Libye.

Silvère Boucher-Lambert