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lundi 13 février 2017

L’ADN de l’homme de Denisova élargit l’évolution de l’espèce humaine

photo : Thilo Parg

Des scientifiques russes déclarent « qu’il y a maintenant une autre hypothèse : différentes espèces ont vécu ensemble et en parallèle »

Des anthropologues russes ont découvert des restes d’hominidés de l’Altaï dans la grotte de Denisova, en Sibérie. Une étude été publiée dans Nature en 2011 démontrant que le code génétique de ces anciens humains était très différent de celui de l’humain moderne, annonçait un scientifique dans le rapport.

L’importance de cette découverte repose dans le changement qu’elle génère dans la compréhension du développement des espèces humaines. Ces restes indiquent l’existence d’espèces précédemment inconnues ayant vécu entre 40 000 et 50 000 ans.

L’Institut d’archéologie et d’ethnographie de la branche sibérienne a tenu une conférence scientifique sur la grotte de Denisova, intitulée « Les particularités de la transition vers le Paléolithique supérieur en Eurasie : les dynamiques culturels et le développement du genre Homo ».

À la conférence, les anthropologues et les chercheurs ont conclu qu’il a existé une population précédemment inconnue appelée « Denisova », du nom de la grotte où les restes ont été découverts. Mais les scientifiques n’ont pas tranché comment « Denisova » est apparu et a disparu. Tout ce que nous savons est qu’il a vécu dans cette grotte il y a 230 000 ans.

Les races humaines parallèles, selon l’ADN

Les scientifiques ont découvert que l’ADN mitochondrial « dénisovien » avait 202 gènes de l’ADN de Néanderthal et 385 de l’ADN de l’humain moderne (qui en a plus de 10 000). La population d’hominidés dans la grotte de Denisova est intermédiaire aux périodes de l’Homo abilis et de l’Homo erectus et celles des Cro-Magnon et des Néandertaliens.

Beaucoup de travail a été effectué dans l’analyse comparative du génome, comprenant les restes de 54 génomes d’hommes modernes autour du monde, l’ADN d’Homo sapiens et de six Néandertaliens. En résultat de l’étude, les scientifiques ont découvert que le Denisova pouvait seulement s’être séparé de la branche commune de l’humanité il y a un million d’années.

Les gènes de Denisova n’ont pas montré une continuité avec les habitants de l’Eurasie actuelle, indiquant que les Denisova n’étaient pas en contact avec les ancêtres de la population actuelle. Seule la population des anciens habitants de Mélanésie, à l’est de l’Asie, contient 4 à 6 % du génome « dénisovien ».

Cette étude a également découvert que la culture des habitants de la grotte de Denisova était bien plus avancée que la culture des Néandertaliens ayant vécu dans des grottes aux alentours. Les outils trouvés nécessitaient un processus de production plus complexe. Par exemple, il a été trouvé une aiguille de cinq centimètres de long avait un petit trou.

Réécrire les manuels sur l’évolution

En résultat de cette découverte, les scientifiques russes veulent établir dans les manuels scolaires, à l’aide des anthropologues, que le développement humain diffère du concept d’évolution accepté jusqu’à maintenant.

« Chacun de nous et de vous, êtes les descendants de quatre branches de la race humaine. L’une de ces branches est l’homme appelé ‘Altaï’ ou ‘Denisova’ (du nom de la grotte où les os ont été découverts) ayant vécu il y a 50 000 ans », a déclaré le directeur de l’Institut d’archéologie et d’ethnographie Anatoli Derevianko.

Avant les résultats de ces études, « il était considéré que chaque forme humaine avait évolué, changé petit à petit, jusqu’à devenir l’homme moderne », explique Anatoli Derevianko.

« Il y a maintenant une autre hypothèse : plusieurs espèces ont vécu ensemble et en parallèle », a-t-il ajouté.

Lors de la conférence ont été présentées les dernières découvertes des anthropologues et des résultats de recherches, comprenant des os et un squelette. Les scientifiques espèrent pouvoir dessiner le portrait d’un ancêtre de l’homme moderne.


Olga Tememzev

lundi 28 janvier 2013

y a 40.000 ans, Asiatiques et Européens avaient déjà divergé génétiquement


Publiant ses travaux dans PNAS, une équipe internationale a étudié l’ADN d’un Homo sapiens fossile vieux d'environ 40.000 ans découvert non loin de Pékin. Ils ont établi que cet individu, génétiquement distinct de la lignée humaine européenne, partageait des ancêtres communs avec ceux des Asiatiques et Amérindiens actuels.

Des chercheurs de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive de Leipzig (Allemagne) et de l'Académie des Sciences de Chine à Pékin ont collaboré pour séquencer l'ADN (nucléaire et mitochondrial) extrait d'un fossile vieux de 40.000 ans. Celui-ci appartient à un homme anatomiquement moderne découvert en 2003 dans la grotte de Tianyuan, près de Pékin, et est l’un des fossiles d’Homo sapiens les plus anciens connus en Asie.

Pour séquencer et étudier le génome de cet ancêtre, les chercheurs ont utilisé de nouvelles techniques permettant d’éviter toute contamination par de l’ADN moderne. L’analyse génétique de ces ossements a alors montré que leur propriétaire partageait une origine commune avec les ancêtres de nombreux Asiatiques et Amérindiens d’aujourd'hui. Mais également que cet homme préhistorique possédait la même proportion de matériel génétique néandertalien et denisovien que ses ‘compatriotes’ actuels.

Cette découverte suggère ainsi que lorsque vivait cet homme, il y a 40.000 ans, les ancêtres des Asiatiques et Amérinidiens d'aujourd'hui avaient déjà divergé génétiquement de ceux dont descendent les Européens modernes. "Cet individu de la grotte de Tianyuana vécu pendant une transition importante de l'évolution, quand les premiers hommes modernes (…) ont remplacé les Néandertaliens et les Denisoviens qui, plus tard, se sont éteints", a expliqué Svante Pääbo, directeur de l’étude.

Mais "de nouvelles analyses, sur d’autres hommes modernes fossiles d’Eurasie, affineront notre compréhension sur ‘quand’ et ‘comment’ ceux-ci se sont répartis en Europe et en Asie", a t-il souligné.

Source: Maxisciences

lundi 3 septembre 2012

Le génome de l'Homme de Denisova livre ses secrets



IRIB- Des chercheurs ont réussi à décoder le génome de l'Homme de Denisova, un homme primitif, qui vivait, il y a entre 1 million et 400.000 ans. Ceci leur a permis de comparer son génome à ceux de Néandertaliens et d'Homo Sapiens.

L'Homme de Denisova livre une nouvelle partie de ses mystères. Dans la revue Science parue jeudi, des chercheurs annoncent en effet être parvenus à fournir un élément de plus au sujet de cet hominidé primitif et pas des moindres : son génome entièrement décodé. C'est à partir d'un échantillon d'ADN microscopique prélevé sur un os vieux d'environ 80.000 ans que les scientifiques ont mené leurs travaux dont ils avaient en vérité déjà annoncé la fin en février dernier. Mais la tâche n'était pas simple dans la mesure où les restes fossiles de l'Homme de Denisova sont extrêmement rares. Aujourd'hui, ils se réduisent à des fragments d'une phalange d'auriculaire appartenant à une fillette d'environ sept ans, découverts en 2010 à proximité d'une dent dans une grotte du sud de la Sibérie. Aussi, pour décoder son génome, Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck de Leipzig et son équipe ont inventé une technique leur permettant de démêler la double hélice de l'ADN pour en analyser séparément chacun des brins. Un séquençage tellement précis qu'il a pu être comparé avec celui de onze hommes modernes (Homo sapiens) de différentes parties du monde et celui du Néandertal. "Ce décryptage d'un génome éteint atteint une précision sans précédent", assure ainsi Matthias Meyer, auteur principal de l'étude cité par l'AFP.

Mieux encore, "pour la majorité du génome, nous avons même pu déterminer les différences entre les deux jeux de chromosomes que la fillette denisovienne a hérité de son père d'une part et de sa mère d'autre part", souligne-t-il. Grâce à cela, les scientifiques ont pu constater que la diversité génétique existant chez les Denisoviens était beaucoup plus faible que celle qui existe actuellement chez les humains. Ce phénomène est probablement dû au fait que leur population initiale était restreinte et qu'elle a rapidement augmenté au fur et à mesure qu'elle s'étendait sur une vaste zone géographique, de la Sibérie au Pacifique sud, explique les chercheurs. Du génome denisovien chez certaines populations d'Asie du sud-est D'après les observations décrites, les Denisoviens étaient notamment porteurs de matériel génétique aujourd'hui associé avec une peau sombre, des cheveux bruns et des yeux marrons. "Si les recherches à venir sur le génome du Néandertal montrent que leur population a évolué de manière similaire, il est fort possible qu'une seule et même population ayant quitté l'Afrique ait donné naissance à la fois aux Denisoviens et aux Néandertals", estime Svante Pääbo, pionnier suédois de l'exploration de l'ADN ancien. Grâce à ce nouveau matériel, les chercheurs ont été en mesure de dater la divergence entre les populations de Denisoviens et d'hommes modernes entre 170.000 et 700.000 ans. En outre, ils ont daté la phalange retrouvée en Sibérie à de 74.000 à 82.000 ans.

Mais ce n'est pas tout puisque le décodage du génome a également confirmé que les Denisoviens ont contribué au génome des populations des Mélanésiens, aborigènes australiens et autres habitants actuels des îles d'Asie du sud-est, en particulier chez les Papous de Nouvelle-Guinée. Selon les calculs et les comparaisons faites, 6% du génome des Papous provient de ces hominidés, vraisemblablement par le biais de croisements entre des Denisoviens et des Homo sapiens. On en retrouve aussi des traces chez tous les Eurasiens, mais aucune chez les Africains.

Enfin, l'analyse a également permis aux scientifiques d'identifier quelque 100.000 changements survenus dans le génome humain après la séparation d'avec les Denisoviens. Des observations d'autant plus importantes que certaines de ces modifications affectent les gènes associés aux fonctions cérébrales et au développement du système nerveux. "Ces recherches aideront à comprendre comment les populations humaines modernes ont pu augmenter considérablement leur taille et leur complexité culturelle tandis que les humains archaïques ont fini par décliner puis s'éteindre", relève ainsi M. Pääbo.