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jeudi 14 février 2013

Disparition des abeilles : le cri d’alarme des apiculteurs


Et si les abeilles disparaissaient… L’hypothèse conduit les apiculteurs à pousser un véritable cri d’alarme. Selon eux, l’abeille est en danger de mort.

Des causes multiples. D’abord le frelon asiatique, cette grosse guêpe d’Asie du sud-est et qui décime les ruches. Le ministère de l’Agriculture vient de le déclarer «espèce nuisible».

Mais il faudrait que le ministère de l’Ecologie en fasse de même pour que les préfets puissent prendre des arrêtés permettant d’intervenir sur les propriétés privées afin de détruire les nids. Les OGM ensuite. Si les cultures sont pour le moment encore interdites en France, de nombreux miels d’importation en contiennent, produits avec des plantes modifiées qui n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact sanitaire sur l’homme. Troisième cause à l’origine de l’hécatombe, et non des moindres : les pesticides.

La France championne d’Europe des pesticides. «Avec une consommation de 70 000 à 120 000 tonnes par an, la France se classe premier pays utilisateur européen», s’insurge Henri Clément, le porte-parole de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française). Et le troisième mondial après les Etats-Unis et le Japon. «A terme, toute la biodiversité de notre pays est en cause, avertit Olivier Belval, président de l’Unaf. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll vient de lancer un plan de défense de l’apiculture. Mais il est loin d’être suffisant pour contrer l’immense danger qui menace. En participant à la pollinisation, les abeilles contribuent la pluralité des organismes vivants. D’un côté, le ministre affiche l’ambition d’installer 200 à 300 apiculteurs professionnels par an. Mais de l’autre, il annonce vouloir attendre la décision de l’Union européenne pour éventuellement interdire une famille d’insecticides particulièrement nocifs sur le marché français (les néonicotinoïdes, ndlr). Pourquoi attendre ? De nombreuses études ont démontré leur dangerosité. La moitié des colonies en France a déjà été décimée depuis la mise sur le marché de ces produits. Nous courons le risque de voir à terme de nombreuses espèces végétales disparaître de façon définitive.»

Les abeilles indispensables à la biodiversité. Car si les abeilles ont besoin des plantes pour se nourrir et produire leur miel, les plantes, et donc derrière les producteurs, d’arbres fruitiers par exemple, ont besoin des abeilles pour le processus de pollinisation. Petit rappel de science nat’ : la pollinisation, c’est le processus de transport d’un grain de pollen depuis l’étamine (organe mâle d’une plante) vers les stigmates (organe femelle, de cette même plante ou d’une autre plante de la même espèce). Or le transport se fait dans 80 % des cas… par les abeilles. Sans abeille, pas de pollinisation. Sans pollinisation, pas de reproduction des plantes. Adieu le miel donc, mais adieu également le blé du pain, les fruits ou les légumes…

Certains pays obligés de polliniser à la main. «Le problème est mondial, reprend Henri Clément. Dans certaines provinces de la Chine, les abeilles ont pratiquement disparu. La pollinisation des arbres fruitiers se fait désormais à la main.» Une partie du «miel» fabriqué là-bas serait coupé avec du faux miel, fabriqué sans abeilles, à base de sucre et de maïs. Certes la France n’en est pas encore là. Mais sa production a été divisée par deux depuis la mise sur le marché de certains produits, passant de 32 000 tonnes dans les années 90, à moins de 16 000 tonnes l’année dernière.

Les chiffres

16 000 tonnes, la production de miel en 2012, soit la plus faible jamais enregistrée (elle était de 33 000 tonnes en 1995)

26 000 tonnes, la quantité importé en 2012 (contre 6 000 tonnes en 1995)

60 000, le nombre d’apiculteurs en France (selon les estimations). Ils étaient 85 000 en 1995. Après une importante érosion, leur nombre tend à remonter

1,25 millions, le nombre de ruches dans tout le pays 117 millions, le chiffre d’affaires du secteur en euros, auxquels s’ajoutent 27 millions d’euros (30 %) en productions annexes (pollen, produits dérivés…)

3 Mds d’€, le chiffre d’affaire réalisé grâce à la pollinisation des abeilles

26 000 tonnes de miel produit en France chaque année

4,5 euros, le prix moyen du kilo de miel chez le producteur

Source: Le Parisien

mercredi 30 janvier 2013

France: Le phénomène de disparition des abeilles prend un tour dramatique


Les derniers chiffres de l’Institut de recherches publiques France Agrimer, dépendant directement du Ministère de l’Agriculture, sont effarants.

Plus de 1 000 colonies d’abeilles sont décimées en France... chaque jour ! En seulement 6 ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait « directement corrélé à la disparition des abeilles » d’après France Agrimer.

C’est une véritable révolution silencieuse et tragique que nous sommes en train de vivre.

La majeure partie de ce que nous cultivons aujourd’hui et consommons au quotidien est en danger : tomates, courgettes, melon, pastèque, fraises, pommes, abricots, cassis, mûres, choux, oignons, poivrons, poireaux, persil, tournesol...

Les abeilles ne font pas uniquement du miel. Elles sont une humble et gigantesque force de travail, pollinisant 80 % des plantes à fleurs sur terre, et près de 90 % des plantes que nous cultivons. Il n’existe aucune alternative, ni technique, ni scientifique, pour les remplacer.

Sans elles, c’est l’alimentation de toute la population qui est menacée ! Sans parler de millions d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes pour se nourrir.

Ce déclin catastrophique des abeilles est un phénomène complexe. Mais parmi les multiples facteurs qui joueraient un rôle dans cette hécatombe, il y en a un – majeur, décisif – qui est aujourd’hui clairement identifié et dénoncé par plus d’une quarantaine d’études scientifiques menées à travers le monde depuis plus de dix ans.

Il s’agit d’un groupe d’insecticides utilisés massivement sur les cultures : les néonicotinoïdes.

Ce sont des variétés de pesticides systémiques, c’est-à-dire qu’ils sont mis sur la graine de la plante, et lorsque celle-ci poussera, elle suintera des composants chimiques à forte dose qui ne laissent aucune chance aux insectes quels qu’ils soient.

Les hécatombes ont commencé, et progressivement augmenté dans les années qui ont suivi l’apparition de ces nouveaux pesticides sur le marché, dans les années 1990. Et les populations d’abeilles augmentent là où ces produits ont été interdits.

Les preuves à charge contre ces pesticides ultra-nocifs sont accablantes, et pourtant...

Sous la pression des grands groupes agrochimiques, Bayer, Syngenta, Dow Chemical ou Monsanto, ils continuent à être autorisés, commercialisés et utilisés massivement dans les champs, - tuant ainsi des millions d’abeilles chaque année.

C’est pour couper court à cette situation dramatique que la députée Laurence Abeille (la bien-nommée !) a déposé une proposition de résolution pour interdire immédiatement les pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles.

Si cette résolution était adoptée par l’Assemblée Nationale, des millions d’abeilles seraient sauvées, permettant ainsi la préservation de l’écosystème et de l’alimentation des générations futures.

De leur côté, les lobbys de l’industrie des pesticides sentent l’étau se resserrer. Et ils font des pieds et des mains pour que leurs produits continuent à être vendus : ils brandissent de pseudos arguments scientifiques pour prouver qu’on n’a pas d’autre choix que d’utiliser leurs poisons, ils prédisent des licenciements massifs si leurs produits étaient interdits...

Ils sont en passe de bloquer la proposition de Laurence Abeille à l’Assemblée Nationale.





DES ABEILLES ET DES HOMMES - Bande-annonce VF par CoteCine

samedi 31 mars 2012

Les pesticides influent sur le comportement des abeilles


Une étude de l'Inra ainsi qu’une étude britannique viennent de démontrer que les pesticides sont une des causes du déclin des colonies d'abeilles.

Une étude française menée par Mickaël Henry, de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), et Axel Decourtye, de l'Acta (instituts techniques agricoles) a permis de montrer qu’un pesticide largement utilisé depuis les années 1990 est nuisible aux bourdons et abeilles. En effet, le thiamethoxam (famille des néonicotinoïde) provoque des troubles de l’orientation qui empêchent les insectes de retrouver leur ruche ou de se nourrir convenablement.