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mardi 15 janvier 2013

Japon : des saumons produits à partir de cellules de truites


Des scientifiques japonais ont réussi à recréer une variété de saumon en transformant les cellules reproductives de truites arc-en-ciel, une technologie qui peut selon eux éventuellement aider à protéger des espèces halieutiques menacées d'extinction.

«Cette méthode est complète et nous pouvons recréer des spermatozoïdes, des oeufs, et des saumons à tout moment», a expliqué le professeur Goro Yoshizaki, de l'Université de Sciences et Technologies maritimes de Tokyo. La méthode consiste à geler les testicules du saumon Yamame, un poisson d'eau douce, avant d'en extraire des cellules germinales primordiales et de les implanter dans une truite arc-en-ciel. Ces cellules, appelées spermatogonies primitives, se combinent avec celles de la truite pour générer des spermatozoïdes chez les mâles et des ovules viables et pleinement fonctionnels chez les femelles.

Les ovules et les spermatozoïdes peuvent être fusionnés in vitro pour produire un saumon Yamame parfaitement sain, selon lui. «Nous avons aussi vérifié que cette technologie fonctionne également avec le poisson-globe», le célèbre «fugu» très apprécié des gourmets japonais mais dont une substance mortelle doit être extraite auparavant par un spécialiste.

Le professeur Yoshizaki, qui a déjà lancé un projet visant à conserver les espèces de poissons menacées, dit également envisager de voir si cette méthode peut s'appliquer aux mammifères ou aux reptiles, «mais l'obstacle est encore élevé parce que les ensembles de gènes sont très différents entre les mâles et femelles», souligne-t-il.

L'étude de son équipe a été publiée en ligne dans les Actes de l'Académie nationale des sciences des États-Unis.

samedi 5 janvier 2013

Du riz OGM avec des gènes de foie humain



Nouvelle incroyable qui nous fait sortir de notre retraite hivernale tant elle est effarante et scandaleuse. On se rapproche sournoisement du fameux film de science-fiction (d’anticipation selon Wikipédia, c’est tout dire) Soleil Vert, dans lequel les êtres humains qui n’ont pas les moyens d’acheter des aliments naturels à cause de leurs prix exorbitants, mangent un aliment de synthèse, produit par une multinationale, qui s’avérera être fabriqué à partir de cadavres humains.

Selon le site américain WorldTruht TV, de réputation sérieux, la Société Ventria cultive dans le Kansas, du riz OGM contenant des gènes de foie humain dans le but d’en extraire les protéines artificielles et fabriquer des produits pharmaceutiques.

Pratique scandaleuse au regard de la morale humaine universelle et des risques pour l’Humanité dont plus de la moitié dépend pour sa survie du riz quand on sait la capacité de propagation des graines OGM.

Le Monde serait-il irrémédiablement devenu fou?

« A moins que vous achetiez du riz « certifié biologique », vous pourriez peut-être manger du riz contaminé avec de véritables gènes humains.

Il s’agit d’un riz OGM réalisé par la société de biotechnologie Ventria Bioscience qui est actuellement cultivé sur 3.200 hectares à Junction City, Kansas – et peut-être ailleurs – et la plupart des gens n’ont aucune information à ce sujet. Depuis environ 2006, Ventria procède discrètement à la culture d’un riz OGM contenant des gènes de foie humain dans le but d’extraire les protéines artificielles produites par ce « Frankenrice » (contraction de « Frankenstein et « rice », riz en anglais- ndrl) afin de les utiliser dans des produits pharmaceutiques. Avec l’approbation de l’US Department of Agriculture (USDA), Ventria a utilisé l’une des céréales les plus largement cultivées au Monde aujourd’hui, et l’a transformée en un catalyseur pour produire de nouveaux médicaments.

A l’origine, la culture de ce riz OGM, qui se décline en trois variétés approuvées

(http://www.aphis.usda.gov/brs/biotech_ea_permits.html ), a été limitée à l’environnement de laboratoire. Mais en 2007, Ventria a décidé d’exporter le riz à l’extérieur. L’entreprise a d’abord essayé de planter les cultures dans le Missouri, mais a rencontré une résistance de Anheuser-Busch et d’autres, qui ont menacé de boycotter tout le riz de l’Etat dans le cas où Ventria commence à planter son riz à l’intérieur des frontières de l’Etat ( http://todayyesterdayandtomorrow.wordpress . com ).

Ventria s’est finalement rabattue sur le Kansas, où elle a développé sa culture du riz OGMdans le but de fabriquer des médicaments sur 3.200 hectares à Junction City. Et alors que ce riz OGM à base de gènes humains n’a jamais été approuvé pour la consommation humaine, il est maintenant cultivé dans des champs ouverts où le risque de contamination et la propagation effrénée de se gènes indésirables est pratiquement acquis.

»Ce n’est pas un produit que tout le monde veut consommer», a déclaré Jane Rissler de l’ Union of Concerned Scientists (UCS) au Washington Post en 2007. »Il n’est pas sage de produire des médicaments en dehors des plantes. »Bien que des dizaines de milliers de réactions hostiles ont eu lieu et que beaucoup s’inquiètent à juste titre la propagation des gènes OGM, l’USDA a approuvé la culture ouverte du riz Ventria alors que la Food and Drug Administration (FDA) avait refusé l’approbation du riz OGM de Ventria en 2003. (http://www.kansasruralcenter.org/publications/PharmaRice.pdf ).Le riz «pharmaceutique» OGM pourrait causer davantage de maladies, indique le rapport

Outre la menace de contamination et de propagation sauvage, ce riz OGM, qui est soi-disant cultivé pour aider les enfants du tiers monde à surmonter la diarrhée chronique, peut provoquer à l’inverse d’autres maladies chroniques. «Ces médicaments issus du génie génétique pourraient exacerber certaines infections, ou provoquer des réactions dangereuses du système immunitaire ou allergiques», a déclaré Bill Freese, analyste de la politique scientifique au Centre for Food Safety (CFS), qui a publié un rapport en 2007 sur les dangers du riz OGM de Ventria.

Vous pouvez consulter ce rapport ici: http://www.centerforfoodsafety.org

Les sources de cet article: http://www.organicconsumers.org/ge/humangene042505.cfm
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/03/01/AR2007030101495.html
http://www.worldwatch.org/node/4956
http://todayyesterdayandtomorrow.wordpress.com
http://www.naturalnews.com/035745_GMO_rice_human_genes_Kansas.html # ixzz1tqzFZAjZ

Source: WordlTruth.TV (en américain, traduction Eldon)



vendredi 16 novembre 2012

OGM - La contre-attaque : 140 scientifiques défendent Séralini



Le 22 octobre 2012, le verdict de l'Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses), faisant suite à ceux de l'Europe (EFSA) et d'autres autorités nationales (BfR allemand entre autres), a fait l'effet d'un KO scientifique.

Au final, l'étude publiée le 19 septembre dans une revue à comité de lecture, n'est pas scientifiquement recevable. Ses conclusions ne peuvent, de ce fait, être acceptées. En matière de toxicité des OGM et du Roundup, tout reste à donc à faire.

Tel est, justement, le raisonnement des 140 scientifiques français signataires d'une lettre ouverte publiée, le 14 novembre, sur lemonde.fr. La voici :

Science & Conscience 

Devant l'incroyable levée de boucliers suscitée par la publication de Gilles-Éric Séralini et de son équipe dans le journal Food and Chemical Toxicology, nous, membres de la communauté scientifique, tenons à affirmer les points suivants.

- D'une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet l'ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble.

Le fait qu'un groupe d'une douzaine de personnes prétendant représenter six académies ait décidé d'un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision (au contraire, par exemple, du débat organisé par l'Académie des Sciences dans le cadre de la polémique sur le changement climatique, à l'issue duquel la responsabilité de l'homme a été avérée). Nous saluons sur ce point la réaction salutaire du seul statisticien de l'Académie des Sciences, Paul Deheuvels.

- D'autre part, le protocole suivi dans cette étude présente des défauts qui font débat au sein de la communauté scientifique. Mais en tout état de cause, disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les données ayant fondé les décisions d'acceptation des OGM par les experts.

Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s'ils le critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l'acceptation d'une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le sens opposé. Ceci est à notre avis totalement contraire à toute déontologie scientifique.

Nous affirmons donc que, si les observations en débat méritent d'être confirmées par des expériences de plus grande ampleur, cela s'applique également aux tests qui ont servi à autoriser toutes les plantes transgéniques actuellement sur le marché. Si toute cette histoire aboutit au moins à ce résultat, elle aura été utile.

Nous sommes profondément choqués de l'image de notre communauté que cette polémique donne aux citoyens. L'expertise des risques pour la santé humaine ou l'environnement est une activité difficile qui doit faire face à de nombreuses incertitudes.

Beaucoup des menaces qui pèsent sur notre planète ont été révélées par des scientifiques isolés puis confirmées par des études nombreuses venues de la communauté scientifique. En l'occurrence, il serait bien plus efficace de mettre en oeuvre des recherches sur les risques sanitaires et environnementaux des OGM et des pesticides, d'améliorer les protocoles toxicologiques utilisés pour leur mise sur le marché et de financer une diversité de chercheurs dans ce domaine que de créer des affrontements entre deux camps nourris de préjugés et d'idéologies.

Nous pensons que notre communauté doit garder le souvenir d'erreurs passées, concernant l'amiante par exemple.Enfin, nous tenons à assurer à nos concitoyens qu'il existe également, dans la communauté scientifique, un nombre important de chercheurs qui sont convaincus qu'il faut prendre au sérieux les risques associés aux technologies et qui estiment que, si les chercheurs d'une part,et les applications sociales de la science d'autre part, sont par construction liés à des idéologies, des croyances et/ou des intérêts, la démarche scientifique doit, elle, s'efforcer de rester aussi indépendante que possible pour jouer pleinement son rôle dans la société. [...]

Pour connaître la liste des signataires, cliquer ICI Un article publié par blog.slate.fr et relayé par SOS-planete. Source: Spread the true

samedi 22 septembre 2012

OGM - les pouvoirs publics savaient depuis plus de dix ans



En fait, un chercheur britannique nommé Arpad Pusztai avait déjà prouvé la nocivité des OGM il y a plus de dix ans ! Ce qui lui avait valu d’énormes ennuis. Voici les preuves :


Cela prouve aussi qu’en fait les pouvoirs publics savaient depuis longtemps. Mais ils ont été achetés par Monsanto qui a fait dénigrer Arpad Pusztai par des scientifiques achetés eux aussi et devenus par là même des spécialistes du mensonge d’État. Monsanto qui vient de réussir à faire interdire le chlorate de soude, qui est le meilleur et le moins cher des désherbants totaux, afin d’imposer ses produits sur le marché.

Note :
Le 20 septembre 2012 à 4h du matin, heure française, l’article sur Arpad Pusztai du Wikipedia français ne parle pas de ses travaux sur les OGM. Ils disent : « Pendant les années 1963-1999 il travaille au Rowett Research Institute à Aberdeen en Écosse ». Mais ils oublient de dire, dans leur article principal sur ce scientifique, la raison de l’arrêt de ses travaux en 1999 :

Par contre ils ont une ébauche d’article sur l’affaire Pusztai : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Pusztai

Extrait : « En 1998, Árpád Pusztai, chercheur à l’institut de recherches Rowett, annonce publiquement, lors d’une interview à la télévision, que la consommation de ces pommes de terre OGM par des rats provoque une dépression de leur système immunitaire et un retard de croissance. Cette émission provoque un scandale dans les médias, à la suite de quoi il est suspendu de ses fonctions à l’institut Rowett ». L’article du wikipedia anglais parle de l’affaire Pusztai dans l’article principal le concernant :

Et possède aussi un article sur l’affaire Pusztai :

Une étude indépendante Russe publiée en 2006 montrait que la progéniture des rates nourries aux OGM était gravement affectée




Le taux de mortalité des nouveaux nés chez les rats est six fois plus élevé quand la mère a été nourrie avec un régime de soja modifié


​​​​De nouvelles recherches suggèrent que les femmes qui mangent des aliments génétiquement modifiés pendant la grossesse risquent de mettre en danger leurs bébés à naître.

​​​​L'étude, réalisée par une chercheuse à l'Académie des Sciences de Russie, a constaté que plus de la moitié de la progéniture des rates nourries au soja modifié est morte dans les trois premières semaines de vie, six fois plus nombreuse que celle née de mères ayant une alimentation normale. Elle était aussi six fois plus nombreuse à avoir un poids gravement insuffisant.

​​​​La recherche, qui est en cours de préparation pour publication, n'est que l'une d'un groupe d'études récentes qui ont relancé la peur que l'alimentation génétiquement modifiée endommage la santé humaine. Une recherche italienne a constaté que le soja modifié affectait le foie et le pancréas des souris. L'Australie a dû abandonner une tentative d'une durée de dix ans pour développer des pois modifiés quand l'étude a révélé qu'ils provoquaient des dommages aux poumons.

​​​​Et en mai dernier, ce journal-ci révélait un rapport secret du géant de la biotechnologie Monsanto, qui montrait que les rats nourris avec un régime alimentaire riche en OGM de maïs avaient les reins plus petits et un nombre plus grand de globules sanguins -- ce qui suggère de possibles dommages au système immunitaire --, que ceux qui mangeait de manière similaire de la nourriture conventionnelle.

​​​​L'Organisation de la Nourriture et de l'Agriculture des Nations Unies tenait un atelier sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés à son siège de Rome à la fin de l'année dernière. L'atelier s'adressait aux scientifiques dont les recherches suscitaient de l'inquiétude sur les dangers de santé. Mais l'Organisation Mondiale du Commerce est attendue le mois prochain en soutien d'une tentative de l'administration Bush pour forcer les pays européens à accepter les aliments génétiquement modifiés [c'était en 2006, NDT].

​​​​La recherche russes menace d'avoir un effet explosif sur l'opinion publique déjà hostile. Effectuée par la Dr Irina Ermakova, à l'Institut Supérieur de l'Activité Nerveuse et de Neurophysiologie de l'Académie des Sciences Russe, c'est certainement la première à examiner les effets des aliments génétiquement modifiés sur la progéniture à naître. ​​​​La scientifique a rajouté de la farine de haricots de soja génétiquement modifiés -- produits par Monsanto pour résister à son pesticide Roundup -- à la nourriture des femelles, commençant deux semaines avant la conception, continuant pendant la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. D'autres rates ont reçu du soja naturel, et un troisième groupe n'a pas du tout reçu de soja.

​​​​Elle a trouvé que 36% des jeunes des rates nourries au soja modifié avaient un poids gravement insuffisant, comparés aux 6% de la progéniture des autres groupes. Plus alarmant encore, un atterrant 55,6% de ceux nés des mères au régime OGM ont péri trois semaines après la naissance, comparés aux 9% de la progéniture de celles nourries au soja naturel, et aux 6,8% des jeunes de celles nourries sans soja.

​​​​« La morphologie et la biochimie des structures des rats sont très semblables à celles des hommes, ce qui rend les résultats très inquiétants, » a déclaré la Dr Ermakova. « Cela indique un risque pour les mères et leurs bébés. »

​​​​Les écologistes disent que bien que les résultats sont préliminaires, ils sont potentiellement si graves qu'ils doivent être poursuivis. L'Académie de Médecine Environnementale US a demandé à l'Institut de la Santé US de sponsoriser immédiatement un examen indépendant de contrôle de longue durée.

​​​​Le soja de Monsanto est largement consommés par les étasuniens. Il y a peu ou aucune récolte OGM dans les aliments britanniques, bien qu'on en importe pour nourrir les animaux d'élevage pour la viande.

​​​​Tony Coombes, directeur des affaires générales de Monsanto au Royaume-Uni, a déclaré: « Le poids écrasant des preuves publiées, soumises à un comité de relecture, des études scientifiques menées indépendamment, démontrent que le soja Roundup Ready peut être consommé sans danger par les rats, ainsi que par toutes les autres espèces animales étudiées . »

​​​​ Ce que l'expérience a trouvé

​​​​Les scientifiques russes ont rajouté de la farine de soja GM à l'alimentation des rates, deux semaines avant l'accouplement, et ont continué cette alimentation pendant la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. D'autres rates ont reçu du soja naturel ou pas du tout de soja. Six fois plus de la progéniture des rates nourries au soja avait une grave insuffisance pondérale par rapport à celle née des rates nourries avec un régime normal. En trois semaines, 55,6% des jeunes des mère nourries au soja modifié étaient morts, contre 9% de la progéniture de celles nourris au soja conventionnel.

Common Dreams, par Geoffrey Lean, le 8 janvier 2006 

Traduction de Pétrus Lombard

mercredi 19 septembre 2012

EXCLUSIF. Oui, les OGM sont des poisons !


Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l'industrie OGM.

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine "Food and Chemical Toxicology" - une référence en matière de toxicologie alimentaire - en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié.

Lourdement toxique et souvent mortel

Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. A tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait.

En 2006, c’est comme un véritable thriller que commence cette recherche, dont le maître d’œuvre, Gilles-Eric Séralini, divulgue lui-même les conclusions dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine ("Tous cobayes !", Flammarion, en librairie le 26 septembre).

Nom de code in vivo

Jusqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence.

Le récit de l’opération – nom de code In Vivo - évoque la très difficile récupération de semences de maïs OGM NK 603, propriété brevetée de Monsanto, par le truchement d’un lycée agricole canadien. Puis la récolte et le rapatriement des "gros sacs de jute" sur le port du Havre fin 2007, avant la fabrication de croquettes dans le secret le plus total et la sélection de deux cents rats de laboratoires dits "Sprague Dawley". Bilan ? Glaçant : "Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, confie le professeur Séralini, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur".

Pathologies lourdes, tumeurs mammaires

Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l'herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaine de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM.

Comparaison implacable : les rats OGM déclenchent donc de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24° mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles OGM sont touchées contre seulement 30% chez les non-OGM.

Surtout, les tumeurs surviennent nettement plus vite chez les rats OGM : vingt mois plus tôt chez les mâles, trois mois plus tôt chez les femelles. Pour un animal qui bénéficie de deux ans d’espérance de vie, l’écart est considérable. A titre de comparaison, un an pour un rongeur, c’est à peu près l’équivalent d’une quarantaine d’années pour un homme…

Exiger des comptes

C’est forte de ces conclusions que Corinne Lepage, dans un livre qui paraît vendredi 21 septembre ("La vérité sur les OGM, c’est notre affaire", Editions Charles Léopold Mayer), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l'impact physiologique des OGM.

Cette bataille, l’ex-ministre de l’Ecologie et première vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire à Strasbourg, la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Eric Séralini. Une simple association 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre.

Une étude financé par Auchan et Carrefour

Comment ? Autre surprise : en sollicitant la Fondation suisse Charles Léopold Mayer. Mais aussi les patrons de la grande distribution (Carrefour, Auchan..), qui se sont réunis pour l'occasion en association. Depuis la vache folle, ces derniers veulent en effet se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. A tel point que c’est Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, qui a débloqué les premiers financements.

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques, laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d'études de 100 à 150 millions d’euros chacune !

Le temps de la vérité

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé. Dés le 26 septembre, chacun pourra voir au cinéma le film choc de Jean-Paul Jaud, "Tous Cobayes ?", adapté du livre de Gilles-Eric Séralini, et les terribles images des rats étouffant dans leurs tumeurs. Des images qui vont faire le tour de la planète et d’internet, puisqu'elles seront diffusées sur Canal+ (au "Grand Journal" du 19 septembre) et sur France 5 (le 16 octobre dans un documentaire). Pour les OGM, l’ère du doute s’achève. Le temps de la vérité commence.

> A lire : l'interview de Gilles-Eric Séralini, ainsi que des extraits de son livre "Tous cobayes!" (Flammarion), dans "Le nouvel Observateur" du 20 septembre.


Guillaume Malaurie

dimanche 17 juin 2012

Syngenta épinglé : Le leader de la biotechnologie accusé de dissimuler les morts d’animaux dues à son maïs génétiquement modifié


Traduction copyleft de Pétrus Lombard

Dans une victoire fascinante contre les créations génétiquement modifiées, une importante compagnie de biotechnologie, connue sous le nom de Syngenta, a été accusée au pénal d’avoir nié savoir que son maïs Bt génétiquement modifié tuait vraiment le bétail. De plus, non seulement la compagnie a nié ce fait, mais cela a été fait dans une affaire devant le tribunal civile qui s’est terminée en 2007. Les accusations ont finalement été publiées après une longue lutte juridique contre la compagnie géante, lancée par un agriculteur allemand appelé Gottfried Gloeckner, dont les vaches laitières sont mortes après avoir mangé de la toxine Bt et attrapé une maladie « mystérieuse ».

Élevées sur sa propre ferme de 1997 à 2002, en l’année 2000, toutes les vaches de la ferme étaient nourries exclusivement de maïs Bt 176 de Syngenta. C’est à cette époque que des maladies mystérieuses ont commencé à apparaître dans le cheptel bovin. Dans une tentative visant à réduire l’agriculteur au silence, Syngenta a donné 40.000 euros à Gloeckner, mais un procès civil a été entamé contre la compagnie. Étonnamment, 2 vaches ont mangé du maïs génétiquement modifié (maintenant interdit en Pologne à cause de graves problèmes) et sont mortes. Pourtant, lors du procès civil, Syngenta a refusé d’admettre que son maïs génétiquement modifié était responsable. En fait, la compagnie est allé jusqu’à affirmer n’avoir aucune connaissance du dommage.

L’affaire a été rejetée et Gloeckner, l’agriculteur qui a lancé les poursuites, s’est retrouvé avec des milliers d’euros de dette. Et ce n’est pas tout ; Gloeckner a continué à perdre beaucoup de vaches des suites du maïs Bt modifié de Syngenta. En 2002, après avoir arrêté l’usage de la pâture génétiquement modifiée, Gloeckner a entrepris une enquête exhaustive avec l’Institut Robert Koch et compromis Syngenta. Les données de cette enquête ne sont pas encore accessibles au public, et une seule vache a été examinée. Mais, en 2009, Gloeckner s’est associé avec un groupe d’action allemand connu sous le nom Bündnis Aktion Gen-Klage et est parvenu en définitive à traîner Syngenta devant le tribunal de grande instance.

Utilisant la déposition d’un autre agriculteur dont des vaches sont mortes après avoir mangé le produit de Syngenta, Gloeckner et Bündnis Aktion Gen-Klage ont accusé le géant de la biotechnologie de la mort de plus de 65 vaches, de refus de reconnaître le lien à la mort, et ont tenu la société responsable de ne pas enregistrer les morts de bovins. L’équipe a même accusé personnellement Hans-Theo Jahmann, le patron allemand de Syngenta, d’avoir étouffé les faits.

Les charges révèlent jusqu’où iront les grandes compagnies de biotechnologie pour dissimuler les preuves reliant leurs produits génétiquement modifiés à de graves dommages. Monsanto, par exemple, a même menacé de poursuivre l’État du Vermont tout entier s’ils tentent d’indiquer sur les étiquettes ses ingrédients génétiquement modifiés. Pourquoi craignent-ils tant que le consommateur sache ce qu’il met dans sa bouche ?

Sources supplémentaire : Institute of Science in Society

lundi 7 mai 2012

Le monde selon Monsanto : Liste des aliments contenant des OGM, à diffuser largement ( Édition juin 2010 ! )



C'est une enquête rigoureuse et approfondie sur une multinationale, une multinationale productrice de l'agent Orane, de la dioxine, de l'hormone de croissance, du Round Up et des OGM.

Les résultats de l'enquête, menée depuis quatre ans, sont implacables.

ûr, la réalisation du film (le monde selon Monsanto) et sa diffusion ne sont pas du goût de Monsanto, qui dispose de nombreux moyens de pression et n'hésite pas à se débarrasser de ses opposants, d'une manière ou d'une autre comme l'illustre le film : sa diffusion la plus large possible sera une première garantie pour la réalisatrice et l'avenir du film.

En attendant, faites circuler l'information !

Au moment où est discutée la loi sur les OGM, c'est un outil précieux !

Pour info concernant les Aliments qui contiennent des O.G.M, Greenpeace a établi plusieurs listes de produits alimentaires où l'on trouve la présence d'organismes génétiquement modifiés ( O G M).

* La liste grise correspond aux produits dont le fabricant ne peut pas garantir formellement l'absence d'O.G.M.

* La liste noire correspond aux produits contenant probablement des O.G.M., soit parce que le fabricant n'a pas précisé qu'ils n'en contenaient pas, soit parce qu'il ne s'oppose pas à leur présence.

Ci-dessous, une présentation facile à lire de la liste des aliments contenant ou susceptibles de contenir des OGM, diffusée par Greenpeace.

LISTE GRISE :

Nachips Old el Paso Pillsbury
Curly Bahlsen
Petits fours au fromage Bahlsen
Chokini Bahlsen
Biscuits St-Michel Bahlsen
Savane Brossard
Recette originale au lait Lindt
Noir Dessert Lindt
Champs-Elysées Lindt
Crème caramel aux oeufs Ancel

LISTE NOIRE :

Authentic Tortilla chips Marks & Spencer
Chocolate Chip Cookies Marks & Spencer
Wholemeal Sandwich Marks & Spencer
Muffins Marks & Spencer
Tarte au citron Marks & Spencer
Céréales croustillantes avoine- cannelle Marks & Spencer
Southern Fried Chicken aun Fries Marks & Spencer -Rouleaux de printemps
aux légumes Marks & Spencer
Crackers Belin
Crackers TUC Lu
Chipster Maya Lu
Pépito double Choc Lu
Prince Lu
Petit Ecolier Lu
Napolitain Lu
Les Apérilèges Delacre
Délichoc Delacre
Invitation Brossard
Mini -tartelettes Brossard
Forêt Noire Brossard
Plaisir aux noix Brossard
Bavarois chocolat Brossard
Petits choux fourrés Brossard
Jacotte Pain Jacquet
Brioquet Pain brioché Pain Jacquet
34 biscottes Heudebert
Grany duo chocolat-raisins Heudebert
BN Biscuiterie nantaise
Finger Cadbury
Coquillages Cadbury
praline Bouquet dOr Cadbury
Super Poulain Cadbury
Croustifondante chocolat Verkade
Brownie chocolat Savane
Mystère extrême Gervais
Crème caramel Gervais
Smacks Kelloggs
Golden Grahams Nestlé
Crème dessert Nestlé
Tiramisu Nestlé
Galak Nestlé
Lion Nestlé
Maître chocolatier de Lanvin
KitKat Nestlé
Junior cacao Nestlé
Nidal Nestlé
Ptit Duo pêche dessert et fruit Nestlé
Nesquik Nestlé
Nescafé Cappuccino Nestlé
Lion cacao Nestlé
Dany Danone
Phosphatine lait et Céréales vanille Danone
Gallia Danone
Dessert soja saveur chocolat Gayelord Hauser
Boisson soja Gayelord Hauser
Gâteau de semoule nappé chocolat Yabon
Pâte à tartiner Eclats noisettes Poulain
Mars Mars alimentaire
Balisto Mars alimentaire
Cannelloni Findus
Crêpes jambon-fromage Findus
Pizza aux fromages Marie
Moussaka Gorcy
Emincé à l’indienne Maggi
Timbales soufflées de Saint-Jacques Tipiak
Brassé croissance Blédina
Benco Energie CPC France
Vinaigrette Lesieur CPC France
La mayonnaise CPC France Sauce à l'estragon Benedicta
Mayonnaise Benedicta
Sauce à l'échalotte Knorr

Source Greenpeace

A noter : le fabricant "céréal" , épinglé par le mensuel Que Choisir, parce que des dérivés d'O.G.M. avaient été retrouvés dans des barres minceur fabriquées avant le 1er septembre 1998, maintient sa position en niant toujours l'utilisation d'O.G.M. dans ses produits. Attention! les méthodes d'analyse ne détectent que la présence d'O.G.M., pas leur quantité.

source :
http://www.alternativesante.com/capsulesante/nouvelles/nouvelles.asp?NoCapsules=1374


voir également cette page facebook :
https://www.facebook.com/OccupyMonsantoFrance

dimanche 29 avril 2012

Nouveau coup de force du gouvernement pour obliger les français à produire et consommer des OGM contre leur gré !



Le gouvernement vient d’envoyer pour avis à la Commission européenne un projet de décret autorisant la commercialisation sans aucun étiquetage de semences de maïs contenant jusqu’à 0,1% d’OGM, alors qu’actuellement la règlementation européenne refuse la moindre contamination OGM des semences conventionnelles dès le seuil de détection. Avec de telles semences, il deviendra impossible de produire des récoltes « sans OGM » ne dépassant pas le même seuil de 0,1% de présence fortuite d’OGM fixé par arrêté en janvier dernier.

En effet, les agriculteurs constatent régulièrement des taux de contaminations de leurs récoltes supérieurs à ceux des semences, même en l’absence de toute culture OGM à proximité de leurs champs. De plus, le taux d’OGM de semences contaminées s’additionnerait inévitablement aux contaminations des cultures non OGM par les cultures OGM voisines si elles étaient à nouveaux autorisées.

À la veille des élections, le gouvernement tente ainsi de satisfaire clandestinement les appétits de l’industrie semencière qui veut priver la population française de tout produit « sans OGM ». En effet, ni le Haut Conseil des Biotechnologies, ni les agriculteurs, ni les consommateurs, n’ont été consultés ou informés de cette initiative découverte sur le site de la Commission Européenne par l’association Inf’ogm.

La liberté de cultiver et de consommer sans OGM est une liberté fondamentale inscrite dans la loi française depuis 2008. Elle ne pourra jamais être respectée si les semences sont déjà contaminées. La Confédération Paysanne appelle la Commission européenne à refuser ce coup de force du gouvernement français destiné à rompre avec la sagesse de la réglementation européenne actuelle La Confédération Paysanne appelle le prochain gouvernement quel qu’il soit à respecter la volonté des français en refusant ce projet de décret.

samedi 17 mars 2012

Les insectes résistants aux OGM se multiplient aux Etats-Unis

Des scientifiques s’inquiètent aux Etats-Unis de l’apparition d’insectes résistants aux OGM, les chrysomèles des racines du maïs.

Pour vingt-deux entomologistes étatsuniens, spécialistes des insectes ravageurs du maïs, les plantes transgéniques insecticides pourraient être à la base d’importants problèmes agricoles si rien n’est fait aujourd’hui. Ces scientifiques tirent la sonnette d’alarme suite à l’apparition d’insectes résistants à la protéine insecticide Bt Cry3Bb1, exprimée par certaines plantes génétiquement modifiées (PGM). Dans une lettre adressée au ministère étatsunien de l’Environnement (EPA) début mars, ils demandent à l’administration que la lutte contre les parasites relève d’une approche intégrée ne reposant pas que sur une « une seule tactique » (le « tout transgénique » par exemple). Surtout, ils souhaitent que la situation soit considérée comme urgente [1].

Des plantes transgéniques comme les maïs MON810, MON863 ou MON88017, tuent les insectes en exprimant une protéine insecticide de la famille des protéines Cry. La mise en culture de telles plantes insecticides est l’objet de plusieurs controverses, notamment sur le risque d’apparition de résistances de certains insectes vis-à-vis de ces protéines. Pour limiter ce risque, plusieurs mesures ont été prises comme l’implantation obligatoire, au sein d’un champ de plantes génétiquement modifiées (PGM) insecticides, de zones dîtes « refuges », cultivées avec des plantes non GM afin de diminuer l’exposition des insectes cibles aux toxines et donc de limiter cette apparition de résistance.

Si pendant plusieurs années, les promoteurs des (PGM) plantes génétiquement modifiées ont affirmé qu’aucun cas d’apparition de résistance chez des insectes cibles n’avait été observé, ce n’est plus le cas depuis la publication d’une étude réalisée par l’équipe du Pr. Gassmann en 2011 [2]. Pour les vingt-deux scientifiques, cette publication doit être lue comme un signal d’alarme, même si elle ne concerne pour l’instant que la résistance d’une seule espèce d’insecte (la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) à une seule protéine Bt (la Cry3Bb1, présente par exemple dans les maïs MON863 et MON88017).

L’apparition de résistance doit changer les règles de mises en culture

Des maïs transgéniques exprimant la protéine Cry3Bb1 sont cultivés commercialement aux Etats-Unis depuis 2003. Des maïs exprimant d’autres protéines Bt comme Cry34/35Ab1, mCry3A ou un empilement de deux protéines, ont été commercialisés depuis. Mais avec des insectes résistants à une des deux protéines, la Cry3Bb1, l’efficacité de ces maïs doit être reconsidérée. Surtout, les pratiques agricoles encadrant les cultures de PGM insecticides doivent être revues. Car l’empilement de protéines Bt dans une même plante a conduit l’administration à revoir à la baisse les surfaces obligatoires des zones refuges, destinées à ralentir l’apparition de résistance : 20% du champ pour les maïs à un transgène et 10% puis 5% pour des maïs à deux transgènes. Et ce, parce qu’une efficacité plus grande des maïs à deux protéines insecticides pour tuer les chrysomèles est attendue.

Avec la résistance effective à la protéine Cry3Bb1, la disparition progressive des zones refuge accentue logiquement le risque d’apparition de résistance à la seconde protéine Bt exprimée. Les chercheurs précisent même que la protéine Cry34/35Ab1 est utilisée par deux autres entreprises dans des maïs empilés différents (c’est-à-dire avec plusieurs transgènes), accentuant donc quantitativement les impacts agricoles qu’auraient une apparition de résistance à cette protéine.

Les chercheurs, qui travaillent dans différentes universités publiques et privées ainsi qu’au ministère de l’Agriculture (USDA), expliquent que « l’utilisation généralisée de maïs hybrides Bt dans des zones où cela ne se justifie pas économiquement, l’utilisation répétée d’hybrides exprimant la même toxine année après année, les violations des règles de mise en place de zones refuge et la disponibilité décroissante d’autres modes de gestion des parasites » sont autant de facteurs permettant l’apparition de chrysomèles résistantes à la protéine Cry3Bb1.

Le cas de résistance renseigné en 2011 [3] amène les scientifiques à s’inquiéter « des implications immédiates de ces [apparitions de résistance chez la chrysomèle] sur la durabilité du maïs à protection empilée contre la chrysomèle du maïs, ainsi que de leurs impacts potentiels à long terme sur la production de maïs ».

Un modèle agricole à revoir, au moins partiellement

Selon les entomologistes, avec les plantes transgéniques, un tournant dans la manière de lutter contre les parasites s’est opéré. Les parasites évoluent et s’adaptent aux différentes méthodes utilisées pour les combattre. Pour que la lutte contre les parasites reste efficace, il est nécessaire que ces méthodes puissent évoluer. Or, l’expression en permanence par la plante des toxines Bt transgéniques « implique qu’elles ne peuvent être appliquées ou retirées en réponse à un changement de la densité des insectes. La sélection de résistance s’effectue donc partout où du maïs Bt est cultivé et où des insectes sensibles sont présents ». Les entomologistes préconisent donc la rotation des cultures transgéniques, la mise en culture de maïs non transgénique dans les zones où il n’est pas nécessaire, et la non utilisation d’insecticides sur les cultures de maïs transgénique.

Mais encore faut-il que ces maïs non GM soient disponibles... Car, selon les vingt-deux chercheurs, « plusieurs rapports font état des difficultés croissantes pour obtenir des semences non transgéniques ». Une faible disponibilité qui complique l’éventuelle mise en place de cultures de maïs non GM dans les zones où le maïs Bt n’est pas nécessaire ou celle de l’augmentation des surfaces de zones refuges (3), solution préconisée pour résoudre le problème d’apparition de résistance [4].

Eric Meunier
Notes :
[1] Comment submitted by Patrick Porter, North Central Coordinating Committee NCCC46 (22 members), 5 mars 2012.
[2] Meunier, E., « ETATS-UNIS – La chrysomèle résiste au maïs transgénique censé la tuer », Inf’OGM, septembre 2011.
[3] cf. note 2
Source : Info’GM

mercredi 22 février 2012

Etats-Unis : des agriculteurs poursuivent Monsanto en justice pour obtenir le droit de semer en paix


Plus de 300 000 agriculteurs américains, majoritairement cultivant du bio, ont introduit une action en justice contre Monsanto afin d'obtenir le droit de semer librement et de ne pas être poursuivis pour violation de brevets en cas de contamination de leurs champs par des OGM. Par le passé, plusieurs agriculteurs ont en effet déjà été condamnés pour violation de droits de propriété intellectuelle après que des semences génétiquement modifiées ont été retrouvés dans leurs champs, le plus souvent emportés par le vent. Le Los Angeles Times précise que les agriculteurs ne demandent aucune indemnisation. Leur action ne vise qu'à obtenir un jugement déclaratoire qui empêcherait Monsanto des leur demander des indemnités en cas de contamination de leurs cultures.
Du côté du groupe Monsanto, on explique que « Monsanto n'a jamais poursuivi et ne poursuivra jamais un agriculteur si une ou plusieurs semences sont retrouvées dans ses champs lorsque cela résulte de circonstances indépendantes de sa volonté. » Mais pour Dan Ravicher, l'avocat principal des plaignants, tout le problème réside dans l'interprétation par le juge de ces « circonstances indépendantes de la volonté de l'agriculteur », car jusqu'à présent, c'est à l'agriculteur qui ne cultive pas d'OGM de prendre toutes les mesures nécessaires pour maintenir les OGM en dehors de son champ et de le prouver. A l'appui de son action, il entend principalement démontrer que les brevets déposés par Monsanto ne sont pas valables : « la loi exige qu'une technologie ait une utilité sociale pour pouvoir être brevetée. Or nous allons démontrer qu'en ce qui concerne les OGM, ce n'est pas le cas. » La décision du juge est attendue pour la fin du mois de mars.
 Source: googplanet

samedi 18 février 2012

La protéine Bt est toxique pour les cellules humaines


Test Biotech, 17 février 2012


      Caen/Munich – Les toxines Bt insecticides, comme celles sécrétées par des plantes génétiquement modifiées, peuvent être nocives pour les cellules humaines. Voilà ce que conclut une étude récente effectuée par des chercheurs de l'université de Caen (France). Leurs expériences ont montré que les toxines produites, par exemple, par le maïs génétiquement modifié MON810, ont la capacité d’influer considérablement sur la viabilité des cellules humaines. Les effets ont été observés avec des concentrations relativement élevées de ces toxines, mais il y a lieu de s'inquiéter.


      Pour la première fois, des expériences ont maintenant montré que ces toxines peuvent avoir un effet nuisible pour les cellules humaines. D’après les compagnies comme Monsanto, qui produisent du maïs génétiquement modifié sécrétant ces poisons, les toxines Bt sont censées être actives uniquement contre des insectes particuliers, et ne devraient aucunement avoir d’effet sur les mammifères et l’homme. L’étude des effets des toxines Bt sur les cellules humaines n’est pas exigée pour évaluer les risques [des OGM] en Europe ou dans toute autre région.


      Une autre découverte des chercheurs concerne une formule d’herbicide vendue sous la marque Roundup. D’énormes quantités de cet herbicide sont pulvérisées sur les cultures de soja génétiquement modifiées, et ses résidus peuvent être retrouvés dans les aliments et fourrages pour animaux. Selon la nouvelle publication, même des doses extrêmement faibles de Roundup (formule de glyphosate) sont capables d’endommager les cellules humaines. Ces conclusions sont conformes à celles de plusieurs autres études mettant en évidence des risques sanitaires imprévus associés aux préparations à base de glyphosate.


      « Nous avons été très surpris par nos découvertes. Jusqu'à présent, nous pensions presque impossible que les protéines Bt soient toxiques pour les cellules humaines. D'autres recherches doivent à présent être effectuées pour savoir comment ces toxines affectent les cellules et si des effets dus à leur association avec d'autres composés de la chaîne alimentaire humaine et animale doivent être pris en compte, » explique Gilles-Eric Séralini de l'université de Caen, qui a supervisé les expériences. « Pour conclure, ces expériences montrent que les risques des toxines Bt et du Roundup ont été sous-estimés. »


      Les toxines Bt et la tolérance à des herbicides sont largement utilisées dans les plantes génétiquement modifiées. Les protéines Bt ne se rencontrent naturellement que dans des bactéries du sol. En introduisant le gène de la toxine dans des plantes modifiées, la structure des toxines est changée, et peut de ce fait provoquer une modification de la sélectivité. La teneur en protéines dans les plantes est très variable. Beaucoup de plantes génétiquement modifiées contiennent plusieurs toxines Bt en même temps. Par exemple, le SmartStaxproduit six toxines Bt différentes et a donc en général une plus haute teneur en protéines. En outre, il a été rendu tolérant à des herbicides. Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune étude sur les effets de ces toxines combinées avec les résidus de pulvérisation, ni sur leurs risques potentiels pour la santé humaine, qui ont été considérés comme improbables. Les chercheurs ont maintenant démontré qu’il y a bien interactivité. Dans les conditions spécifiques de leur expérience, la toxine Bt réduit la toxicité du Roundup. D'autres études sont nécessaires pour vérifier les autres effets combinés éventuels dans diverses situations.


      « Ces résultats sont assez inquiétants. L’impératif d’évaluation des risques des plantes génétiquement modifiées et des pesticides doit être strictement appliqué. « À la lumière de ces conclusions, nous pensons que la commercialisation de ces plantes n'est pas conforme aux règlements de l'UE, » déclare Christoph Then à Testbiotech. Testbiotech s’intéresse de très près à l'évaluation des risques à l'European Food Safety Authority (EFSA) et a maintes fois attiré l'attention sur les lacunes de l'évaluation des risques.


      La recherche a été sponsorisée par la fondation GEKKO (Allemagne). L’association CRIIGEN (France) et Testbiotech (Allemagne) ont été impliqués dans la planification des expériences et la discussion des résultats. Les résultats ont été publiés après examen par les pairs.


      Cytotoxicity on human cells of Cry1Ab and Cry1Ac Bt insecticidal toxins alone or with a glyphosate-based herbicide, de R. Mesnage, E. Clair, S. Gress, C. Then, A. Székács et G.-E. Séralini, Journal of Applied Toxicology, 2012 :
onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jat.2712/abstract


Contacts :


- Professeur Gilles-Eric Séralini, de France : Tél. +33 2 31 56 54 89, criigen@unicaen.fr,www.criigen.org


- Christoph Then, Testbiotech, Allemagne : +49.15154638040, info@testbiotech.org,www.testbiotech.org


Original : www.testbiotech.org/en/node/620
Traduction copyleft de Pétrus Lombard